Histoire


Au siècle dernier, la Bretagne compte 5000 moulins à eau implantés le long du dense réseau hydrographique breton.
On dénombre plus de 100 moulins sur l'ensemble du bassin versant du Meu dont 5 sur le territoire communal ou en limite avec les communes voisines, le plus connu d'entre eux : le moulin de Mordelles.

Le moulin de Mordelles est construit en 1656, il dépendait alors du domaine seigneurial d’Artois.

Dans l’ancien régime, le moulin comme le pressoir et le four à pain étaient soumis au droit banal. Les habitants (serfs) étaient contraints de les utiliser, contre paiement au domaine seigneurial.

La révolution de 1789 abolira ces privilèges seigneuriaux. Il y avait alors 98187 moulins en France en 1809.

Section cadastre Napoléonien 1829

En juillet 1788 un procès- verbal estimatif de réparations du moulin loué à Jean Huby est fait en présence de Pierre Bohuon meunier au moulin de Gravereu (Bréal sous Montfort) (ci-contre)

En 1798, une estimation de la terre d’Artois et de ses dépendances est réalisée pour « entrer au partage entre la République représentant l’émigré Visdelou Villetehart et la citoyenne Jeanne de Boisbaudry ».

Le 20 février 1800 (19 ventose an IX) le château d’Artois, la métairie de Villechevron et le moulin de Mordelles sont restitués aux émigrés.

Procès verbal estimatif de réparations Juillet 1788
Bail à ferme du moulin du 26 07 1815 à Augustin Bohuon et Anne Barbot

Le moulin sera ensuite loué à la famille Bohuon de 1808 à 1922 .

En juillet 1815 un bail de 9 ans est fait par François -Louis Xavier de la Villetehart à Augustin Bohuon (fis de Pierre Bohuon) et Anne Barbot. (ci-contre)

Le loyer annuel est de 1319 tournois plus 400 anguilles ,12 poulets ,10 journées de chevaux.

Le cadastre Napoléonien de Bréal en 1824 représente les deux biefs usiniers avec deux roues ; le moulin n’a alors que trois portes (vannes). 

 

Au milieu du 19e siècle, une demande est faite pour transformer en minoterie le moulin de Mordelles. 

Durant cette période, le moulin évoluera avec la mise en place de 8 vannes au lieu de trois, modernisation avec ajout d’une turbine à vapeur couplée aux deux roues hydrauliques motrices, et construction d’un déversoir de 16 mètres. Un plan de transformation du moulin par cylindres et planchister (Mr Jamet) sera fait en 1912. La minoterie sera désormais capable de traiter 50 quintaux de blé par 24 heures.

Le 4 novembre 1922, une société en commandite
simple est créee, inscrite sous la raison sociale Hubert-Baudais et Cie. le commanditaire Arnold Bourgeois du Marais est le propriétaire et les commandités Pierre Hubert et son épouse Pauline Baudais gèrent la minoterie. 

Joseph Hubert (frère de Pierre) et son épouse Anne Marie Morlais (petit fille Bohuon) deviennent propriétaires de la minoterie en 1925. Leurs fils Joseph et Jean avec leurs collaborateurs Ange Brière, Louis Gourheux et Lucien Hochet, entre autres, développeront meunerie, collecte de céréales, aliments du bétail et engrais.

L’ accès au moulin se faisait alors à partir de la route de Chavagne à l’ancienne scierie (chemin sous le terrain de football actuel). L’accès actuel et le pont de 18 mètres d’entrée au moulin sont réalisés en 1930 par Joseph Hubert (décédé en 1946 ) (actuelle Allée du moulin)..

Deux turbines seront installées dans les années 40 puis remplacées par la roue actuelle qui date de 1951. Celle-ci a une largeur de 2,8 m et un diamètre de 5,3 m. A cette époque, le vannage est constitué de 5 vannes levantes en bois, à crémaillères.

Vue aérienne
Vue du moulin avant rénovation

Son fils ainé, Joseph Hubert (décédé en 1966), son frère Jean, continuent l’activité avec son épouse Mathilde et leur fils Jean Pol.

Avec le développement industriel et la baisse régulière de la consommation de pain (au 19e siècle, les Mordelais mangent en moyenne 600 g de pain par jour contre à peine 130 g aujourd’hui), l’activité de minoterie cesse en 1971.

Le négoce engrais aliments et l’activité collecte céréales se poursuivent jusqu’en 1975 ,année du décès de Jean. 

Le moulin est loué au ‘Tricotage du Moulin  » de 1973 à 1978 puis l’ensemble des bâtiments seront loués à Bretagne Automatisme de 1980 à 1993.

Le dernier locataire architecte quittera en 2004 .

Aujourd’hui le moulin appartient toujours à la famille Hubert, une demande de permis de construire pour rénovation des bâtiments existants est accordée en 2013 à Jacques Hubert (fils de Jean) et son épouse Renée, avec l’architecte Eric Drouart.

Il consiste en une maison d’habitation et des salles de réunion dans la longère, un logement au premier étage des bâtiments du moulin. 

Leur fils Nicolas Hubert et son épouse Anne Laure habitent au moulin et exploitent les salles de réunion aménagées dans la longère.

Ilot du Moulin
Vue du moulin aujourd'hui

Sources : Jacques Hubert